Après plusieurs années de R&D, la technologie Carbstone mise au point par Orbix a atteint le stade de la production industrielle chez Prefer. Elle bénéficie également d’un agrément technique (ATG), d’une certification B-EPD et d’un référencement dans TOTEM. La production de blocs sans ciment à Flémalle va plus que doubler d’ici la fin de l’année. Parallèlement, la technologie Carbstone est désormais également appliquée aux entrevous. Prescripteurs et entrepreneurs disposent à présent de produits connus et utilisés de longue date mais à empreinte carbone négative : une révolution pour la planète, sans perturber les habitudes de travail des maçons.
La technologie Carbstone s’appuie sur une réaction chimique naturelle appelée « réaction de carbonatation » où le CO2 est combiné, sous forme solide, avec des sous-produits issus de la sidérurgie. Dans des conditions de cure spécifiques, la matière durcit pour former des matériaux de construction de haute qualité et à haute résistance.
Les blocs obtenus présentent des caractéristiques comparables à celles de blocs de maçonnerie traditionnels mais avec une composition différente puisque les blocs ne contiennent ni ciment ni agrégats naturels.
Sur son site de Flémalle, Prefer fabrique actuellement quelque 10 000 blocs Carbstone par jour. La principale évolution concerne aujourd’hui le volume produit. En effet, des travaux d’installation de nouvelles chambres de maturation ont débuté au mois d’août, avec pour objectif d’atteindre une capacité de production de 25 000 blocs par jour d’ici la fin de l’année.

Les sous-produits sidérurgiques, fournis par Orbix, sont débarrassés de leurs impuretés. La très haute température atteinte lors de leur élaboration en aciérie lie chimiquement leurs composants sous une forme stable, bien différente de celle des matériaux traditionnels. Grâce à cela, les blocs Carbstone ne contiennent qu'une infime quantité de poussière de quartz, contrairement aux blocs de béton traditionnels qui peuvent en contenir jusqu’à 40 %. La certification Kiwa des blocs Carbstone confirme que les substances relâchées lors de leur découpe restent largement sous les seuils légaux. Au-delà de leurs vertus environnementales, les blocs Carbstone constituent donc également un atout pour la santé des maçons, en limitant fortement la présence et la libération de poussière de quartz, substance nocive, lors des manipulations et découpes.

Les blocs Carbstone sont issus de la rencontre de deux flux industriels précédemment peu valorisés : les fractions minérales résiduelles de la sidérurgie, qui étaient auparavant stockées en décharges, d’une part, et le CO2 biogénique, issu du processus naturel de décomposition de la biomasse et capté en sortie de processus industriels plutôt que rejeté dans l’atmosphère, d’autre part.

L’intérêt de l’utilisation de cette technologie réside également dans la continuité de mise en œuvre. « Nous reprenons des produits existants et les rendons plus durables. Les ouvriers sur chantier peuvent donc garder leurs habitudes de travail et leurs méthodes, exactement comme pour les blocs de maçonnerie traditionnels », explique David Nigot, Directeur Ventes & Méthodes chez Prefer.
« Par ailleurs, ceux-ci gardent le même format, la même couleur, la même texture et le même poids », souligne Thomas Jehin, Directeur Durabilité & Qualité chez Prefer. Les retours de terrain de Galère, Wust, Eloy… qui comptent parmi les premiers utilisateurs, indiquent ainsi que leur mise en œuvre ne diffère pas de celle des blocs conventionnels.

Après les blocs de maçonnerie, la technologie est désormais également appliquée à la production des entrevous, utilisés notamment sur des chantiers de rénovation. Comme les blocs, les entrevous sont produits par démoulage direct, ce qui permet au CO2 de pénétrer dans le matériau durant la maturation. Les entrevous Carbstone et les poutrains Prefer sont évidemment compatibles. Prefer commercialise ainsi un système de plancher complet à empreinte carbone réduite, adapté à tous types de chantiers, y compris aux projets de rénovation.
David Nigot s’enthousiasme : « De tels produits à empreinte carbone négative devraient devenir la norme. Utiliser ces blocs a un impact négligeable sur le coût de construction : 0,4 % en moyenne. Par contre, le bénéfice environnemental est énorme. »
Un bloc de 14 cm représente un gain d’environ 2 kg de CO2 par unité, en combinant le CO2 capté lors de la carbonatation et les émissions évitées par l’absence de ciment. Les matières premières utilisées sont par ailleurs issues à 100 % de matériaux recyclés ayant obtenu un statut de sortie de déchets.
La performance environnementale des blocs est désormais documentée par des déclarations environnementales de produit belges (B-EPD), disponibles sur le site de Prefer. Leur intégration dans l’outil TOTEM, développé par les autorités belges, facilite en outre leur prise en compte par les architectes et bureaux d’études.

Le potentiel de la technologie reste pour l’instant principalement limité aux produits en béton non armé fabriqués par démoulage direct. Blocs de coffrage ou autres éléments préfabriqués pourraient donc constituer de nouvelles applications.
Pour les éléments armés, un défi supplémentaire se pose : le milieu associé à la carbonatation peut favoriser la corrosion des armatures métalliques. Prefer étudie dès lors des solutions telles que des armatures protégées ou passivées et des matériaux alternatifs. « D’ici quelques temps, je pense que nous aurons trouvé la solution avec des armatures adaptées », estime David Nigot. Une avancée qui pourrait, à terme, ouvrir la technologie à une gamme beaucoup plus large d’éléments préfabriqués, comme les hourdis.
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