Le nouveau siège d’Eiffage Construction BeLux, Eiffage Real Estate Belgium et Valens, illustre une rénovation lourde menée avec précision et engagement environnemental. Au cœur de ce chantier ambitieux, le bureau d’études Concept Control a joué un rôle central dès la phase d’avant-projet, en définissant l’ensemble des techniques spéciales du bâtiment.
« Nous sommes intervenus très tôt, dès la phase de permis, et même en amont, pour travailler la faisabilité avec les architectes », explique Olivier Peyskens, chef de projet chez Concept Control depuis plus de 11 ans. « Le bâtiment existant imposait des contraintes spécifiques que le neuf ne connaît pas, notamment en matière d’intégration technique. »
L’un des défis majeurs a été de composer avec des hauteurs libres extrêmement réduites. « On disposait d’à peine 30 cm dans les faux plafonds pour faire passer la ventilation, les tuyauteries de chauffage, la climatisation, mais aussi le sprinklage », précise Olivier Peyskens. « Cela a exigé une coordination très serrée entre tous les corps de métier. »
Autre contrainte importante : la place disponible en toiture. Alain Heremans, administrateur et responsable du business development du groupe Pierre Berger (fondateur de Concept Control), revient sur le choix des équipements énergétiques : « L’espace était très limité pour installer une machine de production de chaud et de froid. Nous avons opté pour une solution au CO₂, peu polluante, mais plus encombrante. Cela nous a conduits à scinder l’installation entre une unité en toiture et une pompe à chaleur en sous-sol. »
Le bâtiment est aujourd’hui entièrement fossile free. Il fonctionne grâce à une pompe à chaleur bibloc au CO₂ de 160 kW en froid et 185 kW en chaud. « C’est une pompe 4 tubes capable de produire du chaud et du froid en simultané », explique Olivier Peyskens. « Initialement, on avait prévu de descendre très bas en régime de froid, mais on a fait le choix de régimes plus élevés, sans batterie froide dans les centrales, ce qui nous permet d’économiser de l’énergie. »
Le bâtiment intègre également des panneaux photovoltaïques (31 kWc), ainsi qu’une gestion automatisée de l’éclairage selon l’apport de lumière naturelle. « Des capteurs ont été installés sur les fenêtres pour éviter de consommer de l’énergie pour chauffer ou refroidir lorsque celles-ci sont ouvertes », ajoute Olivier Peyskens. « Vingt bornes de recharge de 22 kW avec équilibrage de charge ont aussi été installées en sous-sol. Ce qui permet le rechargement sur 80% des emplacements de parking. »
L’ensemble des installations techniques a été repensé, à l’exception d’une cabine électrique de 400 kVA conservée de l’ancien bâtiment. Tous les autres systèmes ont été remplacés ou conçus sur mesure.
Côté planning, aucune flexibilité n’était permise. « Il y avait une date de déménagement imposée pour libérer l’ancien siège», précise Alain Heremans. « Nous avions moins de deux ans de chantier, pas un jour de plus. »
Pour l’équipe, la réussite du projet tient à une vision claire dès le départ : celle d’un bâtiment performant, évolutif et résolument tourné vers l’avenir. « Le choix d’un bâtiment fossile free, avec une pompe à chaleur au CO₂, a été un vrai engagement. On a dû défendre cette solution dès la phase d’avant-projet, et ça n’a pas été simple », conclut Olivier Peyskens. « Mais aujourd’hui, c’est une vraie fierté. »