Inutilisée depuis sa création dans les années 80, l’antenne du métro léger de Charleroi vers Châtelineau, désormais prolongée jusqu’au GHdC, est entrée dans une phase de tests avant sa mise en service. Associé à Eiffage Rail, Duchêne a livré à LETEC des travaux allant de la remise aux normes de stations existantes à la construction de nouvelles infrastructures et à la pose des voies. Une intervention répartie sur huit stations aux caractéristiques très différentes.
Le marché confié à la SM Duchêne–Eiffage Rail, qui s’inscrit dans un projet conçu par les architectes de ABR Architecture et urbanisme, s’étend de la station Neuville à la nouvelle station Les Viviers, face au Grand Hôpital de Charleroi. Sa particularité tient notamment à l’état très variable des infrastructures rencontrées.
Les stations Neuville, Yernaux, Pensée et Centenaire, construites mais jamais exploitées commercialement, ont ensuite été remises aux normes, avec notamment la création de cages d’ascenseur, la pose de nouveaux escalators et le renouvellement des finitions. Les voies existantes ont également été réglées.
À Champeau et Roctiau, seuls les gros œuvres avaient été réalisés à l’époque. « Ces stations étaient même cachées par la végétation », se souvient David Deni, gestionnaire de projets chez Duchêne. Après adaptation des structures aux normes actuelles, les deux stations ont été entièrement parachevées.
Deux nouvelles stations complètent le tracé : Corbeau et Les Viviers. Entièrement enterrée, Corbeau a été construite par la division génie civil de Duchêne. La société momentanée a par ailleurs assuré la fourniture et la pose des nouvelles voies jusqu’au GHdC. Les équipements électriques, la signalisation et les autres techniques spéciales constituent des lots distincts, dont Duchêne devait assurer le pilotage et la coordination.

Le planning constituait l’une des principales difficultés du chantier. Commencés en septembre 2023, les travaux ont progressé pratiquement simultanément dans les huit stations, notamment pour mettre à disposition les locaux techniques nécessaires aux intervenants spécialisés en techniques ferroviaires.
« En fait, ce sont huit chantiers séparés, menés en parallèle », résume David Deni. Au plus fort de l’activité, entre 50 et 60 personnes étaient actives le long du tracé. Cette organisation supposait également de s’entourer de sous-traitants capables de mobiliser plusieurs équipes simultanément.
À cette dispersion des sites de construction s’ajoutaient les contraintes propres au ferroviaire. « On ne construit pas une station comme on construit un bâtiment », souligne David Deni. Gabarits des voies, niveaux des quais, compartimentage au feu et interfaces avec les différents lots techniques imposaient des exigences spécifiques.

La logistique a elle aussi nécessité une organisation particulière. À Corbeau, la station enterrée devait être construite tout en maintenant la circulation autour du centre commercial. Aux Viviers, les travaux devaient composer avec les impératifs d’accès au GHdC.
Certaines stations n’étant accessibles que par le rail, matériaux, matériel et machines ont été largement acheminés par des véhicules rail-route. Les camions livraient en un point déterminé, avant redistribution des chargements vers les différents sites.
La construction de Corbeau a également mobilisé des techniques de génie civil spécifiques. La nappe phréatique se situant au-dessus du niveau de la station, des parois en pieux sécants ont été réalisées. La couverture comporte par endroits des dalles de plus d’un mètre d’épaisseur.

Le chantier de Duchêne–Eiffage Rail a fait l’objet d’une réception le 29 juin 2026 et se trouve actuellement en phase de levée des remarques.
Les tests de circulation, de signalisation, de détection incendie, d’alarme et de télécontrôle sont en cours avant la mise en service prévue en 2027. « Il n’y a pas une station identique, chacune a ses particularités », conclut David Deni. Une diversité qui illustre la combinaison, sur un même tracé, de travaux de bâtiment, de génie civil et d’infrastructure ferroviaire. Sans aucun doute une première pour Duchêne, dont les équipes peuvent être fières d'avoir contribué à mettre la mobilité carolo sur les rails.

Maître d'ouvrage : LETEC
Architecte : ABR Architecture & Urbanisme
Entreprise générale : SM Duchêne – Eiffage Rail