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Le sous-investissement dans les voiries communales va s’aggraver
Didier Block, Secrétaire général de mobiwall, la fédération wallonne des entrepreneurs de travaux de voirie

Le sous-investissement dans les voiries communales va s’aggraver

Alors que la Wallonie compte environ 10 000 km d’autoroutes et de voiries régionales, elle compte plus de 50 000 km de voiries financées par les communes avec un soutien régional annuel d’une cinquantaine de millions d’euros, beaucoup trop faible mais très important du fait que ces subsides obligent les communes à cofinancer ces travaux.

Ce maillage essentiel pour la mobilité des citoyens représente un patrimoine important, à entretenir. En outre, ces voiries (et trottoirs) sont régulièrement mis à mal par le passage de différents câbles et canalisations qui desservent les bâtiments (eau, gaz, électricité, internet, égouts).

L’état des voiries communales est déjà critiqué, et d’autres défis s’ajoutent à ce qui précède : adaptation au changement climatique (canicules et nécessité de déminéraliser les zones urbanisées pour lutter contre les ilots de chaleur, pluies intenses et risques d’inondation) ; revalorisation des agglomérations pour y attirer des ménages à revenus plus élevés et ainsi lutter contre l’étalement de l’habitat ; et enfin adaptation des espaces publics pour encourager le transfert vers d’autres formes de mobilité.

Non seulement ces travaux d’aménagement des espaces communaux nécessitent une main d’œuvre locale et nombreuse mais ils ont un effet positif d’entrainement de l’investissement privé vers la rénovation du bâti existant, comme on peut le voir dans de nombreuses villes et communes.

Tout irait donc pour le mieux dans notre secteur ?  Eh bien, non !

Sous le prétexte de « responsabilisation des communes » ou de « simplification administrative », le gouvernement wallon projette de dissoudre le mécanisme des subsides régionaux aux communes (le FRIC, Fonds Régional pour les Investissements Communaux) et de le remplacer par le FERI, Fonds extraordinaire régional d’investissement. De l’argent sera toujours versé aux communes mais nettement moins (20 millions en moins par an).

Le reliquat pourra servir à n’importe quoi, y compris à payer les dettes communales. Plus d’obligation de consacrer cet argent à faire des travaux. Plus d’obligation d’entretenir son patrimoine. Mais l’illusion qu’en supprimant les règles actuelles, rien ne changera dans la gestion des 253 communes bénéficiant du FRIC.

Parmi ces 253 communes, on trouve de tout. Des communes bien gérées avec une vision d’avenir, qui investissent au-delà des obligations régionales et qui continueront d’investir, mais moins. Il y a aussi des communes en difficulté financière, qui n’arrivent pas, ou difficilement, à répondre aux obligations actuelles du FRIC et à investir et qui, forcément, ne le feront plus.

Les spécialistes s’accordent à dire que les communes sont exsangues. La majorité gouvernementale croit que c’est la vocation naturelle des communes d’investir. Elle leur fera cadeau d’une dotation sans condition en pensant qu’elles continueront à l’utiliser en « bon père de famille » ! En supprimant la notion de travaux subsidiés, le Gouvernement wallon s’apprête à prendre un risque énorme, à faire un grand bond dans l’inconnu.

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