Tout a commencé avec une question simple mais ambitieuse : comment orienter le secteur de la construction vers des pratiques plus durables, sans alourdir inutilement les procédures de marchés publics ?
Aux Pays-Bas, cette réflexion a mené en 2009 à la création d’un outil inédit : l’Échelle de Performance CO2. L’objectif ? Stimuler les entreprises à réduire concrètement leurs émissions de CO2 et permettre aux pouvoirs publics d’intégrer ce critère de manière claire et mesurable dans leurs marchés. Quinze ans plus tard, l’instrument a fait ses preuves : il est devenu un standard largement adopté et reconnu pour son efficacité.

En Belgique, l’Échelle a été testée entre 2019 et 2023 lors d’une phase pilote menée avec le SPW Mobilité & Infrastructures et l’administration flamande de la Mobilité et des Travaux publics. Pas moins de 33 projets ont été réalisés dans ce cadre. Le constat est unanime : l’Échelle favorise la transparence, stimule l’innovation et permet de réduire plus rapidement les émissions de CO2.
À la suite de cette expérience positive, l’asbl BENOR a été désignée pour encadrer le déploiement de l’instrument en Belgique, en collaboration avec la fondation néerlandaise SKAO qui en assure la gouvernance internationale.
L’Échelle de Performance CO2 repose sur un système de management structuré autour de quatre axes. Chaque entreprise candidate à la certification progresse pas à pas selon son niveau d’ambition.
1. Recenser ses émissions : un point de départ essentiel
Pas de réduction sans mesure ! Le premier axe consiste à établir un bilan carbone fiable de ses activités. Ce diagnostic, qui s’élargit au fur et à mesure du niveau d’ambition, permet de prioriser les actions là où elles auront le plus d’impact.
2. Réduire de manière structurée
Une fois le bilan établi, place à l’action : définition d’objectifs concrets et planifiés. Cela inclut des mesures rapides (chauffage, éclairage) mais aussi des transformations de fond (choix fournisseurs).
L’Échelle valorise les résultats mesurables plutôt que les promesses.
3. Communiquer en toute transparence
La communication est un pilier de la transition climatique. Les entreprises certifiées doivent publier leurs engagements et leurs résultats. Cette transparence crée de la confiance et inspire d’autres acteurs à s’engager.
4. Collaborer avec d’autres acteurs
Personne ne réduit seul ! Le quatrième axe valorise la coopération : sensibiliser ses fournisseurs, participer à une initiative sectorielle, ou encore développer des projets collectifs (par ex. bornes partagées). Les effets de levier sont alors démultipliés.

Pour les pouvoirs publics, l’Échelle est un outil simple et efficace : la vérification est confiée à des auditeurs indépendants, BENOR fournit des modèles de clauses et un accompagnement. L’efficacité est scientifiquement prouvée (aux Pays-Bas, les entreprises certifiées réduisent deux fois plus vite leurs émissions que la moyenne nationale).
Pour les entreprises, les avantages sont multiples : structurer leur démarche climat, réaliser des économies grâce à l’efficacité énergétique, gagner un avantage concurrentiel lors des marchés publics et renforcer leur crédibilité auprès des clients et partenaires.
Alors que la transition climatique devient un impératif, l’Échelle de Performance CO2 s’impose comme un instrument pragmatique et positif. Elle stimule les efforts sans imposer de contraintes excessives, et valorise les entreprises qui s’engagent.
En d’autres termes, ce n’est pas qu’un outil technique : c’est un accélérateur de durabilité pour le secteur de la construction et de l’immobilier en Belgique.