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Le « train eau chaude », une piste innovante en vue de se passer des herbicides
Le CEO d’Infrabel Benoît Gilson en compagnie de la Ministre flamande de l’environnement Zuhal Demir et du Ministre fédéral de la Mobilité Georges Gilkinet.

Le « train eau chaude », une piste innovante en vue de se passer des herbicides

Depuis quelques années, Infrabel s’attèle à réduire son utilisation d’herbicides. Mais en Belgique comme ailleurs ces substances chimiques restent indispensables au désherbage des voies, afin de garantir la sécurité du trafic ferroviaire et du personnel. Parallèlement à l’octroi de dérogations, le gestionnaire du réseau poursuit ses efforts afin de trouver des alternatives techniquement et économiquement réalistes, dans l’optique de se passer, dès que possible, des herbicides. Un « train eau chaude », et son développement Made in Belgium actuellement en phase de test dans l’Est du pays, offre des perspectives encourageantes.

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Infrabel s’est inspiré d’un prototype suisse et a développé sa propre technologie, innovante à bien des égards.

Au sein d’Infrabel, il n’est personne pour défendre l’idée d’un recours inutilement prolongé aux herbicides. Cela étant, en Belgique comme ailleurs, les herbicides restent « un mal nécessaire » pour garantir la sécurité du trafic et du personnel. En effet, lorsque la végétation se développe dans le ballast – le tapis de cailloux que l’on trouve sous les rails et qui fait office d’amortisseur – elle est susceptible de perturber la géométrie « au millimètre près » des voies et ses qualités de drainage. Donc de menacer la sécurité des trains. De même, une végétation qui deviendrait luxuriante aux abords immédiats du rail pourrait gêner le personnel d’entretien qui inspecte le réseau à pied, mais aussi encore masquer certains défauts ou entraver la perception des feux de signalisation.

Infrabel bénéficie de dérogations octroyées par les autorités régionales pour des périodes limitées et potentiellement renouvelables. Parallèlement à l’octroi de ces dérogations, Infrabel augmente le recours à des techniques mécaniques pour désherber des voies « accessoires » (comme les gares de triage). Pour traiter les voies « principales », Infrabel s’est engagée à rechercher des alter­natives techniquement et économiquement réalistes. Le « train eau chaude », en test dans l’Est du pays, est une piste encourageante… 

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Le « train eau chaude » est une innovation destinée à réduire l’usage d’herbicides à l’avenir.

Suisse et belge

La Suisse a été la première à tester un train conçu pour éliminer la végétation à l’aide d’eau chaude. Infrabel s’est inspiré de ce prototype et a développé sa propre technologie, innovante à bien des égards.

Le train eau chaude Made in Belgium, qui termine sa deuxième saison de tests après quelques essais limités à l’automne dernier, est long de 180 m. Il se compose de deux locomotives encadrant cinq wagons. Trois d’entre eux sont des citernes, bien isolées, qui contiennent 3 x 50 000 litres d’eau portée à 90°C. Sur les deux autres wagons, on trouve le dispositif de chauffe, un groupe électrogène et des ordinateurs qui pilotent le système de déversement. Dans sa configuration actuelle, le « train H2O » circule à une vitesse de 20 km/h, suffisante pour ne pas gêner le trafic des trains. A raison de 3 à 6 m³/km d’eau chaude déversés, il est à même de traiter plusieurs dizaines de kilomètres par jour. Dans certaines zones, notamment celles ou la biodiversité est particulièrement riche aux abords des voies, il n’asperge que le ballast. A raison de 3 à 4 passages par an (contre 2 lorsque l’on emploie des herbicides), l’usage d’eau chaude pourrait suffisamment ralentir la croissance de la végétation.

Ces premiers tests sont encourageants et seront prolongés, le temps que ce train-prototype devienne écologiquement plus performant. Dans le futur, l’eau sera chauffée à l’aide de pellets ou d’une pompe à chaleur, avant le départ du train. Un dispositif informatique de détection de la végétation, recourant à l’intelligence artificielle, actionnera les pompes de façon autonome afin de réduire les quantités d’eau utilisées.

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A terme, c’est la combinaison d’alternatives vertes, comme l’acide pélargonique et le train à eau chaude, qui permettra de se passer des substances les plus nuisibles pour le désherbage des voies.

Combiner les solutions alternatives

Depuis 2019, Infrabel suit un plan de réduction de pesticides, dont l’objectif est de désherber les voies principales et accessoires d’une manière alternative ou préventive.

Dans les voies accessoires, comme les gares de triage, ce plan d’actions vise à diviser par deux les surfaces traitées d’ici fin 2023. Cela se fait en recourant à la fauche, au sarclage ou encore à l’arrachage… Ces techniques mécaniques ne sont malheureusement pas généralisables car, outre le budget exorbitant que cela exigerait à l’échelle du réseau, elles prendraient un temps considérable et nuiraient fortement à la fluidité du trafic. 

A terme, c’est la combinaison d’alternatives, comme l’acide pélargonique et le train à eau chaude, auxquelles s’ajouteront peut-être de nou­veaux bio-herbicides performants ou des systèmes électriques encore en cours de développement, qui permettra de se passer des substances les plus nuisibles pour le désherbage des voies.   

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