En mai 2024, Aerospacelab, la jeune entreprise belge spécialisée dans la conception et fabrication de satellites, a entrepris la construction de sa nouvelle Megafactory à Marcinelle, notamment soutenue financièrement par Sambrinvest au niveau local. Avec une capacité de production annuelle de 500 satellites, celle-ci sera la plus grande usine de fabrication de satellites en Europe. L’association momentanée BESIX-Galère est chargée des fondations, du gros œuvre, des façades, des travaux de parachèvements, ainsi que du pilotage et de la coordination des co-traitants (lot 1).
Depuis sa création en 2018, Aerospacelab a pour mission de répondre à l’accélération mondiale de production d’infrastructures aérospatiales critiques, misant sur l’intégration verticale pour concrétiser avec agilité et performance le moment Henry Ford qu’a connu l’automobile, en l’appliquant cette fois-ci à la fabrication de satellites. La Megafactory est un projet industriel emblématique qui allie ambition architecturale et technologies de pointe. La nouvelle usine s’étendra sur près de 20 000 m², incluant 7000 m² de zone de production dont 4000 m² de salles blanches, devenant ainsi l’outil industriel de référence.
Pour Benoît Deper, CEO et fondateur d’Aerospacelab, « la Megafactory est bien plus qu’un outil industriel : c’est une infrastructure stratégique qui positionne l’Europe à l’avant-plan de la nouvelle économie spatiale et ouvre la voie à une génération de missions plus audacieuses et accessibles. »

L’espace de production, appelé « salle blanche », constitue le cœur du bâtiment. Le reste des fonctions s’articule autour de cette salle avec, au rez-de-chaussée, une série de locaux placés en périphérie de celle-ci. Le premier étage prend lui la forme d’une mezzanine, occupant tout le pourtour du bâtiment et libérant un vide au centre. Le second étage accueillera les bureaux de l’entreprise. Quatre patios centraux créent des puits de lumière circulaires dans les bureaux, avec murs rideaux en verre facetté.
Au niveau des façades, un bardage clair en tôle ondulée apporte une touche esthétique par-dessus les panneaux sandwich assurant l’étanchéité et l’isolation du bâtiment, conférant à ce dernier une petite touche « Odyssée de l’espace ».

Pour faire face à l’ampleur des travaux et au timing ambitieux du projet, BESIX et Galère ont formé une association momentanée intégrée, partageant compétences et ressources.
Après le forage géothermique, la pose de plus de 500 pieux de fondation et les terrassements – avec évacuation des terres en fonction d’un RQT établi préalablement – le montage de la structure mixte béton-acier s’est déroulée sans encombre, malgré la complexité due à la forme ovoïde du bâtiment.
Alexandre Duthoit, Chef de Projet chez BESIX : « Tout ce qui est colonne et poutre est réalisé avec des éléments préfabriqués, mais les noyaux ont été coulés en place. La forme ovoïde oblige à couler le béton en place le long des courbes créées avec des profilés en acier sur les dalles des différents étages. En ce sens, la mixité béton-acier a représenté un premier challenge. »
Un second défi relevé par les équipes de BESIX et Galère fut la réalisation de plusieurs massifs de béton posés sur boîtes à ressorts permettant l’installation d’équipements faisant vibrer les satellites – simulant les vibrations subies sur le pas de tir – sans transmettre les vibrations au bâtiment. Ces massifs ont été bétonnés en sous-œuvre après la structure primaire.
Quant aux massifs de fondation du bâtiment proprement dits, ils ont fait l’objet de coffrages et ferraillages très denses et complexes, notamment pour les courbes et les maçonneries cintrées.
La toiture est entièrement métallique avec le steeldeck devant rester visible en dessous et nécessitant un étançonnage pour couler par-dessus la dalle de la terrasse de toit.

La combinaison d’un hiver pluvieux et d’un sol argileux a complexifié les travaux de fondations, nécessitant un pompage fréquent des eaux de pluie. S’est ensuite ajoutée une logistique exigeante pour acheminer puis lever des poutres de 22 mètres de long et 50 tonnes sur un site offrant un espace relativement limité.
Parmi les particularités de ce chantier unique, citons également le contrôle d’accès demandant une intégration des systèmes dans les menuiseries mais aussi les exigences strictes de contrôle de la poussière dans la salle blanche.
Jacques Wallon, Directeur de Production Bâtiment chez Galère : « Alexandre est le chef de projet de BESIX, tandis que Geoffrey Marzana est le Conducteur Principal de Galère attaché au chantier. L’encadrement est à la hauteur du projet, avec une douzaine de personnes réparties à parts égales entre BESIX et Galère, que ce soit pour la partie études et préparation que pour le volet exécution sur le chantier. »
Alexandre Duthoit ajoute : « Comme pour tout projet, nous avons connu quelques demandes de modifications en cours de chantier. Ce sont des évolutions qu’il nous a fallu intégrer en minimisant l’impact sur la réalisation du bâtiment. Car le plus important pour le client est de pouvoir disposer d’un bâtiment fonctionnel le plus rapidement possible. Une illustration parmi d’autres de la flexibilité et l’engagement des équipes pour respecter les délais. »
Jacques Wallon relève : « Réaliser le gros œuvre fermé en seulement 12 mois peut être considéré comme un exploit compte tenu de la complexité et de la taille du projet. »
Plus globalement, tous soulignent la collaboration étroite entre Galère et BESIX, le client et les auteurs de projet, comme un facteur clé de succès, pour une livraison prévue courant 2026.

Maître d’ouvrage: Sambrinvest pour Aerospacelab
Architectes: Office KGDVS et Reservoir A
Entreprise: AM BESIX-Galère