La réduction de l’empreinte carbone constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour l’industrie du béton. Dans ce contexte, Ronveaux a engagé depuis plusieurs années un travail de recherche et de validation visant à intégrer de nouveaux types de ciment dans ses formulations de béton préfabriqué. Après une phase d’essais approfondis, l’entreprise a désormais entamé la production courante de plusieurs gammes d’éléments à partir de ciments CEM II, moins émissifs que le ciment Portland traditionnel.
Cette évolution s’inscrit dans une démarche globale de réduction de l’impact environnemental des activités de préfabrication, qui comprend également l’utilisation d’eau de récupération, l’optimisation des cures thermiques ou encore le recours à l’énergie photovoltaïque.

Dans la fabrication du béton, le ciment représente une part significative des émissions de CO2. « On parle d’environ 900 kg de CO2 émis pour produire une tonne de ciment CEM I traditionnel (Portland) », explique Jean-Baptiste Lansival, directeur technique.
Les nouvelles formulations testées reposent notamment sur l’utilisation de ciments CEM II intégrant une fraction d’argiles calcinées en substitution partielle du clinker. Selon les données disponibles, cette évolution permet de réduire d’environ 15 % les émissions liées à la production du ciment par rapport à un CEM I.
L’enjeu est d’autant plus important que les formulations utilisées en préfabrication sont généralement riches en ciment pour une question de résistance et de durabilité.
Dans le secteur de la préfabrication, les résistances à jeune âge sont essentielles afin de permettre un décoffrage rapide pour maintenir la productivité des installations. « Tout ce qui est coulé aujourd’hui est décoffré demain. Cela nécessite des résistances à jeune âge importantes », souligne Jean-Baptiste Lansival.
Les nouveaux ciments sélectionnés conservent une classe de résistance élevée de 52,5 MPa et répondent aux exigences de prise rapide nécessaires à la production industrielle. Les équipes ont également vérifié le maintien des performances mécaniques à moyen et long terme.
Par ailleurs, la majorité des bétons produits par Ronveaux facilitent le travail des opérateurs et permettent la production de pièces de haute technicité. Il était donc indispensable de conserver les propriétés rhéologiques permettant une mise en œuvre sans vibration.

La validation des nouvelles formulations a suivi un processus progressif. Les premiers essais ont été réalisés dans le laboratoire de l’entreprise sur un malaxeur de 40 litres avant d’être transposés à l’échelle industrielle.
Sous la supervision de Simon Hanchir, responsable contrôle qualité, plusieurs campagnes d’essais ont permis de vérifier les résistances mécaniques, la durabilité et la stabilité des formulations. Les performances ont également été confrontées aux exigences des certifications et des contrôles interlaboratoires.
Les premiers essais industriels remontent à 2024. Depuis fin mai 2026, les dalles alvéolaires produites sur le site de Crisnée sont fabriquées avec ce nouveau ciment. Sur le site de Ciney, les poteaux électriques précontraints sont également passés à ces nouvelles formulations.
L’introduction de nouveaux ciments nécessite également de répondre à un cadre réglementaire exigeant. Les certifications ATG, BENOR et les différentes homologations européennes constituent des étapes indispensables avant toute généralisation.
L’évolution des normes accompagne progressivement les avancées techniques du secteur. Certaines prescriptions qui imposaient historiquement des types de ciment spécifiques évoluent aujourd’hui vers une approche davantage basée sur les performances réelles des bétons, notamment à travers les bilans alcalins et les critères de durabilité.
Les résultats obtenus permettent désormais d’envisager une extension progressive de ces formulations à l’ensemble des gammes produites par Ronveaux. Pionnière dans le domaine, l’entreprise poursuit néanmoins une approche prudente afin de garantir la conformité et la qualité de ses produits.
