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Du châssis au chantier

Du châssis au chantier

Historiquement très présente dans la rénovation et le patrimoine, la Menuiserie Riche entend aujourd’hui valoriser une autre facette de son savoir-faire : sa capacité à produire pour des projets de grande ampleur. La création d’une cellule chantier au sein de la (grosse) PME mariembourgeoise doit lui permettre de répondre aux contraintes spécifiques de ces opérations, où l’enjeu ne se limite plus à la fabrication. Études techniques, planification, BIM et coordination de la pose font désormais partie de l’équation.

Dans les années 1980, Menuiserie Riche travaillait déjà dans une logique de production en volume. Avec la progression du PVC et de l’aluminium dans les décennies suivantes, l’entreprise s’est progressivement recentrée sur des marchés où le bois conservait une place particulière : rénovation, patrimoine, maisons de maître et menuiseries spécifiques, avec une distribution via un réseau de partenaires, toujours présent, en Belgique, au Luxembourg et dans le Nord de la France.

L’outil industriel, lui, est resté. Et parallèlement, de nouvelles solutions ont été développées pour la construction contemporaine : châssis bois-aluminium, triple vitrage, profilés de 90 mm ou murs-rideaux.

« Nous avons une capacité industrielle avec des profilés innovants et des produits que nous avions développés, mais nous ne touchions pas suffisamment le marché des grands projets », explique Bruno Riche, CEO. Tout récemment, ce constat a conduit à la création d’une cellule dédiée.

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Le chantier, une compétence complémentaire

Car changer d’échelle ne signifie pas simplement produire davantage. Un grand bâtiment exige une gestion particulière : l’étude des cahiers des charges, des plans détaillés, des solutions de mise en œuvre et d’étanchéité à l’air spécifiques, une coordination avec les autres corps de métier et une planification précise.

« Les entreprises générales veulent des réponses techniques, avec des plans et des détails. La grande majorité de nos clients – menuisiers, partenaires historiques, n’était pas active sur ce marché de grands volumes, souvent par crainte des risques administratifs et financiers », relève Bruno Riche.

La nouvelle cellule rassemble actuellement trois personnes autour de la gestion de projet, des devis et du suivi administratif. Son organisation doit évoluer avec le volume des marchés, notamment en renforçant la conduite de chantier. Menuiserie Riche entend ainsi davantage travailler comme sous-traitant des entreprises générales, tout en conservant la possibilité d’intervenir directement dans certaines rénovations de grande ampleur.

Des volumes déjà significatifs

Plusieurs références récentes donnent la mesure du changement d’échelle. Par exemple, un projet mené avec une entreprise générale liégeoise pour la Société wallonne du logement représente quelque 240 châssis bois-aluminium. D’autres opérations comprennent respectivement 120 et 370 m² de murs-rideaux.

Cette logique n’est cependant pas totalement nouvelle. Chaque année, certains grands projets étaient produits, mais uniquement en fourniture. Ainsi, en 2009 déjà, l’entreprise avait produit 609 menuiseries passives pour un même projet, dont 80 levants-coulissants de 90 mm développés spécifiquement pour l’occasion.

L’enjeu se situe donc moins dans les machines que dans l’organisation. « Nous avons une réserve de capacité de production importante au niveau de l’outil. La croissance doit surtout se faire dans le personnel, pas dans l’investissement », précise Bruno Riche. Selon le type de menuiserie, la production peut évoluer d’environ 60 à 70 unités par jour pour des réalisations très spécifiques à 100 voire 110 pour des châssis plus standardisés.

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BIM et données environnementales

Les grands projets nécessitent également une information technique structurée. L’entreprise travaille en BIM avec Cadwork et peut échanger des fichiers IFC ouverts. À cela s’ajoute un travail engagé depuis plusieurs années sur les données environnementales.

Les premières déclarations environnementales de produits (DEP) de ses châssis remontent à 2016. Leur intégration dans des bases de données offre aujourd’hui une plus grande visibilité par rapport aux prescripteurs et maîtres d’ouvrage. « Un grand donneur d’ordre privé nous a trouvés via Totem », indique Nathalie Lebrun, Sustainability Manager. Cette mise en relation a débouché sur des marchés de rénovation à Louvain-la-Neuve, avec une contrainte supplémentaire : intervenir dans des bâtiments qui restent occupés.

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Organiser la pose et transmettre les compétences

Reste un maillon essentiel : la mise en œuvre. Pour absorber des chantiers de tailles variables, l’entreprise développe des partenariats avec des équipes de pose externes, encadrées par la cellule projet.

Cette montée en volume pose également la question des compétences internes. Elle permet d’intégrer de jeunes collaborateurs aux côtés de travailleurs expérimentés et d’organiser progressivement la transmission des savoir-faire.

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