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Ciment bas carbone : comment l’industrie cimentière accélère sa transition vers le Net Zero

Le ciment est indispensable à la construction, mais aussi au cœur des défis climatiques. Dans cet épisode de Construire la Wallonie, Stéphanie Diaz reçoit Hervé Camerlynck, directeur de Febelcem, pour décrypter les transformations en cours dans l’industrie cimentière. Réduction de l’empreinte carbone, capture et stockage du CO₂ (CCS), économie circulaire, nouveaux ciments, investissements industriels et feuille de route Net Zero 2050 : découvrez comment le secteur innove pour construire des infrastructures plus durables tout en répondant aux enjeux environnementaux et économiques de demain.

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[00:00] Le ciment, un matériau indispensable en pleine transition
Stéphanie Diaz: Bonjour à tous et bienvenue dans Construire la Wallonie, la série de podcasts dédiée aux enjeux, aux innovations et aux métiers du secteur. Dans cet épisode, nous allons parler du ciment. Lorsqu’on pense aux routes que nous empruntons chaque jour, aux ponts que nous traversons ou aux bâtiments qui nous entourent, on se rend compte que derrière tout cela, il y a un même matériau, parfois discret mais essentiel : le ciment. Quand on parle de ciment ou de béton, on pense immédiatement à la solidité et à la robustesse. En revanche, on l’associe beaucoup moins spontanément à la durabilité. Pourtant, le secteur fait aujourd’hui face à un immense défi : se réinventer pour répondre aux enjeux climatiques. Pour en parler, nous recevons aujourd’hui Hervé Camerlynck, directeur de Febelcem. Bonjour Hervé.

Hervé Camerlynck: Bonjour Stéphanie.

Stéphanie Diaz: Merci d’être avec nous aujourd’hui en studio. Avant d’entrer dans le vif du sujet, si vous deviez expliquer simplement à quelqu’un qui ne connaît rien au secteur du ciment ce qu’est le ciment et pourquoi il est si indispensable aujourd’hui, que lui diriez-vous ?

[00:54] Le ciment, le liant du béton
Hervé Camerlynck: Pour répondre à cette question, je vais d’abord partir du béton. Il faut imaginer le béton comme une pierre artificielle, une pierre que l’on peut mouler. Avant le béton, il fallait construire en empilant des pierres et en les faisant tenir ensemble. Le béton a véritablement révolutionné la construction. Dans un mètre cube de béton, il y a environ 85 % de graviers, de granulats, qu’il faut faire tenir ensemble. C’est précisément le rôle du ciment. Le ciment est une poudre qui réagit avec l’eau et qui devient le liant donnant au béton toutes ses caractéristiques.

[01:30] Pourquoi le ciment émet-il du CO₂ ?
Stéphanie Diaz: Pourtant, lorsqu’on parle de construction durable, le ciment est souvent pointé du doigt. Pourquoi ?

Hervé Camerlynck: Pour fabriquer du ciment, il faut cuire de la pierre calcaire à environ 1 400 degrés. Cela demande évidemment beaucoup d’énergie. Il y a également une spécificité chimique : à partir d’environ 900 degrés, le calcaire se transforme. Le carbonate de calcium devient de l’oxyde de calcium et libère du CO₂. C’est probablement la seule réaction chimique avec laquelle je vais vous ennuyer aujourd’hui. Cette réaction est totalement inévitable et fait partie intégrante de la fabrication du ciment. C’est la raison pour laquelle le ciment présente une empreinte carbone relativement importante.

[02:11] Une perception parfois incomplète
Stéphanie Diaz: Est-ce que l’on a parfois une vision un peu biaisée de son impact ?

Hervé Camerlynck: Oui, parce qu’on se focalise essentiellement sur cet aspect. Il est vrai que nous produisons beaucoup de béton et que le ciment représente une part importante des émissions. Mais il faut remettre les chiffres dans leur contexte. En Belgique, cela représente environ 3 % des émissions. On oublie aussi tous les services rendus par le ciment et le béton. Ils permettent de construire des bâtiments et des infrastructures dont nous avons absolument besoin.

Stéphanie Diaz: On a donc une vision un peu trop simpliste.

Hervé Camerlynck: Oui. On oublie également qu’il s’agit d’un matériau strictement local. Les granulats et les graviers proviennent de chez nous, en Belgique, et plus particulièrement de Wallonie. En matière d’autonomie stratégique, c’est un matériau extrêmement important.

[03:10] Existe-t-il de véritables alternatives ?
Stéphanie Diaz: On entend également beaucoup parler de matériaux alternatifs.

Hervé Camerlynck: C’est vrai. Aujourd’hui, les architectes cherchent à utiliser le bon matériau au bon endroit. On entend parfois parler d’un nouveau béton ou d’un nouveau ciment révolutionnaire qui n’utiliserait plus de ciment. Mais on oublie un élément essentiel : l’effet d’échelle. En Belgique, nous consommons environ 45 millions de tonnes de béton par an. Une solution qui fonctionne pour quelques centaines de tonnes ou quelques mètres cubes ne répond pas aux besoins du secteur. Il faut toujours garder cet effet d’échelle à l’esprit.

Stéphanie Diaz: Il n’existe donc pas aujourd’hui d’alternative réellement crédible.

[03:54] Les progrès déjà réalisés
Stéphanie Diaz: Febelcem a élaboré une feuille de route « Net Zero » à l’horizon 2050. Avant d’en parler, quels progrès le secteur a-t-il déjà réalisés ?

Hervé Camerlynck: Si l’on prend les chiffres, en 1990 une tonne de ciment belge émettait environ 750 kg de CO₂. Aujourd’hui, nous sommes descendus à environ 520 kg de CO₂ par tonne de ciment. À titre de comparaison, la moyenne européenne est d’environ 620 kg. Cela représente déjà une réduction d’environ 30 % de notre empreinte carbone, ce qui est particulièrement performant à l’échelle européenne. Pour y parvenir, nous avons actionné plusieurs leviers. Nous avons travaillé sur les combustibles, sur les performances des fours et sur les recettes de ciment. Tous les ciments ne sont pas identiques. Les matières premières utilisées influencent directement leurs propriétés.

[05:10] La feuille de route Net Zero 2050
Stéphanie Diaz: Parlez-nous justement de cette feuille de route « Net Zero » de Febelcem. Que prévoit-elle ?

Hervé Camerlynck: L’idée de cette feuille de route est d’abord de rappeler que le ciment s’inscrit dans toute une chaîne de valeur de la construction. L’objectif n’est pas seulement de réduire l’empreinte carbone du ciment, mais celle de l’ensemble de cette chaîne de valeur. Le ciment doit évidemment jouer son rôle et passer de 520 kg de CO₂ à zéro. Pour y parvenir, nous travaillons autour de trois grandes familles de leviers. La première concerne les développements industriels classiques. Nous travaillons notamment sur les combustibles. Aujourd’hui, environ 60 % des combustibles utilisés dans les fours cimentiers proviennent déjà de déchets issus du recyclage. L’objectif est d’atteindre environ 90 %. C’est un premier levier important.

[05:58] Réduire la part de clinker
Hervé Camerlynck: La deuxième famille de leviers concerne le clinker. Sans entrer dans tous les détails techniques, le clinker est la matière active produite dans le four. C’est lui qui nécessite une cuisson à 1 400 degrés et qui est responsable d’une grande partie des émissions de CO₂. Depuis de nombreuses années, nous réduisons sa proportion dans le ciment en utilisant des matières alternatives. Nous allons continuer dans cette voie, notamment grâce aux argiles calcinées. Il s’agit d’argile chauffée à environ 900 degrés, ce qui lui confère des propriétés très intéressantes sans nécessiter les températures beaucoup plus élevées de fabrication du clinker. Je simplifie évidemment un peu les choses, mais c’est un levier extrêmement prometteur.

[07:05] La capture et le stockage du CO₂
Hervé Camerlynck: Le troisième levier est la capture et le stockage du CO₂, ce que l’on appelle le CCS, pour Carbon Capture and Storage. Puisque la réaction chimique qui produit le CO₂ est inévitable, l’idée consiste à capturer ce CO₂ avant qu’il ne quitte la cheminée. Ensuite, il est purifié, comprimé puis transporté par pipeline afin d’être stocké dans d’anciens gisements de gaz situés sous la mer du Nord. Cela peut sembler révolutionnaire, mais cette technologie existe déjà depuis une cinquantaine d’années dans d’autres secteurs, notamment l’industrie pétrolière. Une cimenterie en Norvège l’utilise déjà aujourd’hui. L’objectif est désormais de pouvoir appliquer cette technologie aux cimenteries belges.

[08:12] Le CCS en pratique
Stéphanie Diaz: Pouvez-vous expliquer plus concrètement ce qu’est le CCS ?

Hervé Camerlynck: Bien sûr. CCS signifie Carbon Capture and Storage. Il s’agit d’abord de capturer le CO₂, de le purifier puis de le transporter. Aujourd’hui, il n’existe pas encore de véritable réseau de transport du CO₂. C’est ce qui explique pourquoi ces projets prennent un peu de temps. Toute une infrastructure doit être créée. Nous espérons disposer d’un réseau opérationnel autour de 2030-2035.

Stéphanie Diaz: C’est donc relativement proche.

Hervé Camerlynck: Oui. Ensuite, le CO₂ pourra être séquestré en mer du Nord, où un site est déjà opérationnel. La capture du CO₂ nécessite des investissements très importants, tant pour les installations de captage que pour le réseau de transport. Mais ce réseau représente également une formidable opportunité pour la Belgique. Il pourra bénéficier non seulement aux cimentiers, mais aussi à l’industrie chimique, à la sidérurgie et à d’autres secteurs industriels qui auront eux aussi besoin de capturer et de stocker leur CO₂.

[09:28] Des changements déjà bien visibles
Stéphanie Diaz: 2050 peut sembler encore loin, mais aujourd’hui, qu’est-ce qui est déjà en train de changer concrètement ?

Hervé Camerlynck: Les évolutions les plus visibles concernent les recettes de ciment. Elles changent progressivement. Si l’on n’est pas spécialiste, on ne s’en rend pas forcément compte. Un béton reste gris, mais c’est bien là que la réduction de l’empreinte carbone est en train de se produire. Elle progresse de manière très importante. Les cimentiers belges investissent également massivement pour améliorer le fonctionnement de leurs fours. Holcim, à Obourg, construit une toute nouvelle usine. CCB, à Gaurain-Ramecroix, a réalisé récemment d’importants investissements pour améliorer son outil de production. Heidelberg Materials mène également plusieurs projets d’amélioration. Tous les producteurs travaillent activement pour gagner encore en performance industrielle.

[10:44] Une économie circulaire déjà bien ancrée
Stéphanie Diaz: Le changement est donc déjà en marche. Le ciment trouve-t-il aussi sa place dans une logique d’économie circulaire et locale ?

Hervé Camerlynck: Oui. La production de ciment est intégrée dans l’économie circulaire depuis très longtemps. Les matières alternatives utilisées aujourd’hui le sont parfois depuis plus d’un siècle. Nous utilisons notamment le laitier de haut fourneau, qui est un sous-produit de la fabrication de l’acier. Aujourd’hui, cette ressource devient plus rare et nous devons parfois l’importer, mais l’idée d’utiliser des matières locales reste très présente. C’est également le cas des combustibles. Une grande partie des déchets qui ne peuvent pas être recyclés efficacement sont valorisés dans les fours cimentiers. Ils fournissent à la fois de l’énergie et des matières minérales. C’est une forme de recyclage direct. Le ciment est donc profondément ancré dans une économie circulaire locale.

[11:43] L’impact du contexte géopolitique et énergétique
Stéphanie Diaz: En quoi la situation géopolitique actuelle et le prix de l’énergie influencent-ils le secteur cimentier ?

Hervé Camerlynck: La production de ciment dépend relativement peu du prix du gaz ou du pétrole, puisque la majorité des combustibles utilisés sont déjà issus de déchets. En revanche, il existe un effet indirect. Toute hausse générale des coûts entraîne une inflation qui touche l’ensemble de la production. Surtout, le prix du gaz influence fortement celui de l’électricité. Or, après la cuisson dans le four, le ciment doit être finement broyé. Cette étape consomme beaucoup d’électricité. À l’avenir, la capture du CO₂ nécessitera également d’importantes quantités d’électricité. Nous sommes donc directement concernés par tout ce qui influence le coût de l’électricité.

[12:48] Construire autrement qu’il y a vingt ans
Stéphanie Diaz: Est-ce que l’on construit aujourd’hui différemment d’il y a vingt ans ?

Hervé Camerlynck: Oui. Les principes de construction circulaire sont désormais largement intégrés par les architectes. À Bruxelles, par exemple, beaucoup de projets consistent à conserver la structure existante d’un bâtiment et à la transformer plutôt que de démolir et reconstruire. C’est là que le béton montre tout son intérêt. Couler du béton pour ensuite tout démolir trente ans plus tard n’a pas de sens. Un ouvrage en béton bien conçu et bien entretenu est destiné à durer plusieurs centaines d’années. C’est précisément cette logique de conservation qui est aujourd’hui mise en œuvre par les architectes. La Belgique occupe d’ailleurs une place reconnue au niveau international dans le domaine de la construction circulaire.

[13:49] Le projet ZIN comme symbole
Stéphanie Diaz: Y a-t-il un projet qui, selon vous, symbolise particulièrement cette évolution ?

Hervé Camerlynck: Oui. Je pense immédiatement au projet ZIN, à Bruxelles. Il s’agit de la transformation des anciennes tours du World Trade Center, dans le Quartier Nord. Les développeurs ont cherché à conserver un maximum de la structure existante et à recycler une partie du béton directement sur place. Ce projet combine plusieurs principes de la construction circulaire. En plus de cela, il crée un bâtiment ouvert sur la ville, accessible au public et intégré dans son environnement. Il apporte ainsi une véritable valeur sociétale.

[15:00] Le rôle de Febelcem
Stéphanie Diaz: On parle souvent d’une industrie cimentière en pleine transformation. Quel est le rôle de Febelcem dans cette évolution ?

Hervé Camerlynck: Ce ne sont pas les équipes de Febelcem qui réalisent les investissements. Ce sont nos membres qui investissent des centaines de millions d’euros dans leurs installations. Notre rôle consiste à faire reconnaître leurs efforts, à expliquer leurs actions et à créer un cadre réglementaire qui leur permette d’investir. Prenons l’exemple du transport du CO₂. Il y a encore quelques années, on ne savait même pas clairement si cette compétence relevait du niveau régional ou fédéral. Aujourd’hui, cette question est clarifiée. Nous travaillons avec les cabinets ministériels et les administrations afin que ces dossiers restent prioritaires et que les projets puissent avancer. Nous jouons également un rôle d’information auprès de l’ensemble de la chaîne de valeur de la construction, des entrepreneurs jusqu’aux maîtres d’ouvrage. Enfin, nous travaillons beaucoup sur la normalisation afin que les nouveaux ciments développés avec des matières comme les argiles calcinées puissent être utilisés dans le béton avec le même niveau de sécurité, de qualité et de performance que les générations précédentes.

[16:46] Quels sont encore les principaux freins ?
Stéphanie Diaz: Aujourd’hui, quels sont encore les principaux freins à la durabilité du secteur ? Est-ce que c’est la réglementation ?

Hervé Camerlynck: Il n’y a pas de véritables blocages, mais certains processus sont particulièrement lents et doivent être accélérés. La normalisation en est un bon exemple. C’est un processus qui avance lentement, trop lentement à notre goût, même si cette prudence est compréhensible. Il faut créer de la confiance dans les nouveaux matériaux. Notre rôle consiste donc à convaincre les différents acteurs d’évoluer sans être inutilement conservateurs, tout en restant prudents. Nous parlons de structures de bâtiments : personne n’a envie qu’un bâtiment s’effondre. Les autres éléments qui ralentissent fortement la décarbonation concernent principalement le développement du réseau de transport du CO₂. Nous avons parfois le sentiment que certains acteurs souhaitent revenir en arrière sur les objectifs climatiques. Pour nous, les choses sont très claires : il faut maintenir ces objectifs, continuer à investir massivement dans la décarbonation et poursuivre les efforts. C’est la seule manière de répondre au défi climatique tout en soutenant l’industrie cimentière et, plus largement, l’industrie européenne.

[18:17] Des investissements de plusieurs centaines de millions d’euros
Stéphanie Diaz: Si vous deviez citer une décision particulièrement difficile que le secteur doit prendre aujourd’hui, laquelle serait-elle ?

Hervé Camerlynck: Les montants en jeu sont considérables. Nos membres doivent encore investir plusieurs centaines de millions d’euros. Il existe des soutiens européens et, nous l’espérons, des soutiens régionaux, notamment pour ce que l’on appelle le « de-risking ». Lorsqu’on investit dans une nouvelle technologie comme la capture du CO₂, on est parmi les premiers à le faire. Le niveau de risque est donc élevé. Les décisions critiques sont celles que l’on appelle les Final Investment Decisions. Elles concernent des investissements de plusieurs centaines de millions d’euros. Ces décisions devraient être prises cette année, l’année prochaine ou peut-être en 2028. Nous sommes donc dans une période charnière où les cimentiers doivent décider de poursuivre leurs investissements pour préparer leur avenir.

[19:16] Tous les cimentiers avancent-ils au même rythme ?
Stéphanie Diaz: Est-ce que tous les producteurs avancent au même rythme ou existe-t-il encore d’importantes différences ?

Hervé Camerlynck: Il existe évidemment quelques différences. Chaque entreprise a sa propre stratégie industrielle et son propre calendrier. Mais, dans l’ensemble, les écarts restent limités. Tous partagent la même vision et poursuivent le même objectif. Les installations de capture du CO₂ ne seront probablement pas toutes opérationnelles au même moment. Leur déploiement s’étalera dans le temps, mais l’ambition est commune à tous les acteurs du secteur.

[19:52] La construction wallonne dans vingt ans
Stéphanie Diaz: Si l’on se projette dans dix ou vingt ans, à quoi ressemblera, selon vous, la construction en Wallonie ?

Hervé Camerlynck: Nous verrons des bâtiments conçus différemment, avec une mobilité elle aussi différente. Les principes de construction circulaire continueront à se développer. Les logements évolueront probablement aussi : ils seront peut-être plus compacts et pensés autrement. L’adaptation au changement climatique sera un enjeu majeur. Il faudra répondre aux épisodes de fortes chaleurs, mieux gérer l’eau et repenser l’espace public. Toutes ces questions sont déjà prises en compte par les prescripteurs et les entrepreneurs. Notre rôle, en tant que secteur cimentier, est de mettre à leur disposition un matériau fiable, décarboné, disponible et qui leur permette de construire les bâtiments de demain.

[21:14] Le rôle stratégique de la Wallonie
Stéphanie Diaz: Quel rôle la Wallonie peut-elle jouer dans cette transition ?

Hervé Camerlynck: La Wallonie dispose aujourd’hui d’un atout unique. Le développement d’un réseau de transport du CO₂ est comparable à ce qu’a représenté, à la fin du XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ siècle, le développement du réseau de canaux. Nous sommes à l’aube d’un véritable renouveau industriel. La Wallonie, qui a connu un important recul de son activité industrielle au cours des dernières décennies, possède aujourd’hui une formidable opportunité de se redéployer et de replacer la Belgique au cœur de l’industrie européenne.

[22:03] Un regard résolument optimiste
Stéphanie Diaz: On parle beaucoup de défis aujourd’hui. Tout cela vous rend-il malgré tout optimiste ?

Hervé Camerlynck: Oui, profondément. C’est d’ailleurs pour cette raison que je travaille chez Febelcem. Je partage cet enthousiasme avec l’ensemble de nos membres.

Stéphanie Diaz: Parce que vous êtes témoin d’un changement concret.

Hervé Camerlynck: Exactement. Et même davantage qu’un simple témoin. J’ai le sentiment d’être, à mon niveau, acteur de cette transformation industrielle et sociétale. C’est extrêmement motivant. Nous le constatons également chez les jeunes ingénieurs qui rejoignent nos entreprises. Beaucoup veulent s’engager concrètement pour le climat, et c’est précisément dans notre secteur que des changements majeurs sont en train de se produire. C’est une période particulièrement positive.

[22:55] Conclusion
Stéphanie Diaz: Merci beaucoup, Hervé Camerlynck, pour cet échange.

Hervé Camerlynck: Merci Stéphanie.

Stéphanie Diaz: Nous retiendrons qu’un matériau aussi discret que le ciment est en réalité au cœur d’une transformation majeure, au croisement des enjeux climatiques, industriels et sociétaux. Merci également à nos auditeurs pour leur attention et à très bientôt dans Construire la Wallonie.

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