Née d’une idée simple mais visionnaire, la solution EcoGreen Soft s’impose comme une réponse pragmatique aux enjeux croisés de performance énergétique, de cybersécurité et de transition écologique dans le secteur numérique. Développée au sein de Balteau Group, elle permet d’automatiser la gestion de l’alimentation électrique des équipements POE (Power over Ethernet) au sein des bâtiments, avec un retour sur investissement immédiat.
Tout commence il y a une dizaine d’années, lorsqu’Olivier Hemerijck imagine une solution capable de stopper la consommation inutile des équipements connectés, à une époque où le dépôt de brevet logiciel n’était pas encore possible en Europe. Lorsque la législation évolue en 2014-2015, l’idée sort du tiroir. « On a déposé un premier brevet sur la technologie, et très vite, Balteau Group a vu l’intérêt de la démarche. Il cherchait à se diversifier tout en renforçant sa politique RSE. On a donc avancé ensemble », explique-t-il.
Ce soutien s’avère décisif : expertise technique mutualisée, développement logiciel structuré en méthodes agiles, présence commerciale… Le projet prend de l’ampleur, tout en restant ancré en Wallonie, où le centre de compétences de la solution est maintenu.

Le principe de fonctionnement d’EcoGreen Soft est aussi simple qu’efficace : couper l’alimentation des équipements connectés lorsqu’ils ne sont pas utilisés, pour ne plus gaspiller d’électricité. La solution agit sur tout matériel alimenté via câble Ethernet – antennes Wi-Fi, téléphones IP, capteurs, caméras, éclairages – en activant ou désactivant le courant selon plusieurs critères : plages horaires, géolocalisation, QR code ou badge d’accès.
« C’est un peu de la domotique du réseau, mais en entreprise. Une fois la configuration faite, tout est transparent pour l’utilisateur », résume Olivier Hemerijck. Disponible en version cloud multitenant ou on-premise, la solution est conçue pour s’adapter aussi bien à une PME qu’à un réseau public régional.

Le potentiel d’impact est considérable. Sur base des données Eurostat, un appareil POE peut rester actif plus de 6000 heures par an sans réelle utilité. En agissant sur cette plage, EcoGreen Soft permet de générer des économies substantielles, comme l’illustre l’exemple du FOREM, premier projet pilote d’envergure à tester la solution à grande échelle.
Sur 176 sites, la solution gère automatiquement 1700 antennes Wi-Fi et 300 téléphones IP, coupés chaque nuit et chaque week-end. Résultat : 57 tonnes de CO2 économisées par an, l’équivalent de 57 allers-retours Bruxelles–New York. L’économie énergétique directe s’élève à 37 000 euros annuels – hors licence – pour un temps d’installation inférieur à une demi-journée.
« C’était la première fois qu’on déployait EcoGreen Soft sur un réseau aussi vaste, et les résultats ont dépassé toutes nos attentes », confie Olivier Hemerijck. « Le FOREM a non seulement validé notre approche, mais ils ont aussi renouvelé leur confiance avec un contrat de trois ans. »
La solution agit aussi comme barrière naturelle contre les intrusions. En coupant automatiquement les antennes Wi-Fi en dehors des heures d’ouverture, elle empêche tout accès non autorisé au réseau, y compris via les bornes invitées :« On s’est vite rendu compte qu’éteindre les antennes était un réflexe anodin, mais très efficace pour renforcer la cybersécurité », explique Olivier Hemerijk.
De même, cette mesure a eu pour effet direct de limiter les connexions sauvages sur le réseau du FOREM, et a indirectement permis de limiter les regroupements aux abords de ses sites.

EcoGreen Soft est aujourd’hui brevetée dans 49 pays, dont toute l’Europe, les États-Unis, la Russie ou encore l’Algérie. Une protection qui positionne la société comme un acteur unique sur ce segment technologique. En parallèle, de nouveaux développements sont en cours : intégration de l’intelligence artificielle pour analyser les habitudes d’utilisation, élargissement vers la gestion dynamique du parc informatique, réflexion autour des nouvelles obligations européennes.
Déjà reconnue par l’Agence du Numérique et référencée sur DigitalWallonia, la solution intéresse aujourd’hui de plus en plus d’institutions publiques. « On estime que si toutes les écoles wallonnes équipaient leurs 32 500 antennes, cela représenterait 800 tonnes de CO2 économisées et 450 000 euros de réduction de facture chaque année, même en tenant compte de la licence », précise Olivier Hemerijck.
Plus qu’un simple logiciel, EcoGreen Soft est une technologie de rupture, conçue en Wallonie, portée par une vision pragmatique et collaborative. Une démonstration concrète qu’innovation, sobriété et performance peuvent aller de pair.