Financé par l’Union européenne – NextGeneration EU – et le Plan de relance de la Wallonie, le Mobi’Park à Tilleur constitue l’un des projets majeurs menés dans le secteur des infrastructures de mobilité en Wallonie. Développé pour accueillir la flotte de bus électriques de LETEC en région liégeoise, ce complexe regroupe ateliers, zones de maintenance, espaces administratifs et équipements techniques sur un ancien site industriel entièrement réhabilité. Duchêne, associé pour l’occasion à Galère, arrive au bout d’un chantier de 18 mois, mené à bien dans les délais malgré sa complexité.
L’association Duchêne-Galère comprenait une répartition claire des responsabilités : les infrastructures bâties (six bâtiments) pour le premier, les aménagements extérieurs et les voiries pour le second.
Les travaux ont débuté le 6 janvier 2025 pour une réception prévue le 30 juin 2026, soit un délai d’environ 18 mois pour un si vaste programme. « Le plus gros défi, c’est le délai », souligne Gabin Cheuzem Ngnindjeu, chef de projet bâtiments pour Duchêne. « Le chantier dans son ensemble est constitué de 15 lots et nous devons coordonner les différentes interfaces tout en livrant les zones aux autres intervenants dans les temps. »

Cette contrainte de planning a conduit les équipes à privilégier plusieurs méthodes constructives permettant d’accélérer l’exécution. De nombreuses colonnes ont ainsi été converties en éléments préfabriqués, et différentes autres solutions techniques ont été adaptées en concertation avec le maître d’ouvrage et les bureaux d’études, dans une véritable dynamique partenariale.
En phase de parachèvement, le chantier a atteint des pics de 250 personnes présentes quotidiennement sur site. La gestion de la coactivité constitue dès lors un enjeu majeur, particulièrement dans le bâtiment administratif où se concentrent les travaux de finition. « Nous avons travaillé pratiquement six jours sur sept depuis le début du chantier », explique le chef de projet.
Pour les façades, le projet prévoyait notamment l’utilisation de panneaux préfabriqués en béton ultra-performant d’une finesse peu courante. Après deux mois de recherches, une solution combinant un fabricant espagnol et un poseur français a été trouvée.
Certains escaliers préfabriqués dépassant les 10 tonnes ont exigé l’intervention simultanée de deux lourdes grues pour leur manutention. Une première livraison non conforme a même conduit à une opération complexe de remplacement alors que le bâtiment était déjà largement refermé.
Heureusement, malgré la nature industrielle du site, les surprises géotechniques sont restées limitées côté bâtiments. Sur les 612 pieux réalisés, seuls quelques-uns ont nécessité des adaptations. Les principales difficultés sont apparues dans les zones de voirie où d’anciennes galeries souterraines ont été découvertes.

Le projet Mobi’Park s’inscrit dans une démarche environnementale particulièrement ambitieuse.
Durant le chantier, les matériaux excavés ont été concassés et réutilisés directement sur place lorsque cela était possible. Le site ne rejette pas d’eau de pluie, des bassins enterrés assurent l’infiltration des eaux de voirie et des cuves stockent les eaux de toitures pour les utiliser, notamment pour les installations de lavage des véhicules. Cinq bâtiments reçoivent également des toitures végétalisées. « Ici, le principe est de réutiliser au maximum ce qui se trouve sur le site, y compris l’eau », précise Gabin Cheuzem Ngnindjeu, soulignant que Duchêne a l’avantage d’être déjà bien avancé en matière de gestion de chantier durable.
À ces objectifs environnementaux s’ajoutent près de 4600 heures de clauses sociales destinées à favoriser l’insertion professionnelle et l’emploi local.
À quelques semaines de la livraison, le chantier est entré dans sa phase finale. Malgré les contraintes de planning, les adaptations techniques et la complexité de coordination, les équipes restent confiantes quant au respect des échéances.
« Avec Galère, nous avons travaillé main dans la main. Le Mobi’Park n’est que mon second projet chez Duchêne et le premier en SM. J’ai eu la chance d’être entouré de personnes très expérimentées sur qui je pouvais m’appuyer. Les auteurs de projet se sont aussi montrés très réceptifs aux solutions proposées. Cette réussite est vraiment le travail d’une équipe », conclut Gabin Cheuzem Ngnindjeu.
