A l’instar de Gordon Bunshaft, la transparence, le bien-être des employés, l’innovation et l’art sont les quatre fondamentaux qui ont guidé les architectes de A2M pour rénover le « Marnix », siège historique de la banque ING au cœur de Bruxelles. Réalisé début des années 60 par le bureau américain SOM et agrandi en 1993, l’immeuble classé de plus de 47 000 m² est entré fin septembre dans une nouvelle ère, cumulant les certifications les plus exigeantes, et ce dans le respect de l’œuvre originelle. Sebastian Moreno-Vacca, Aline Branders et Dorothée Peeters, architectes chez A2M, lèvent le voile sur cette réalisation réellement exemplaire.
Vide traversant le bâtiment de haut en bas, telle une colonne vertébrale source de lumière et d’interactions sociales, restauration de l’entrée d’origine sur l’esplanade Marnix, ouverture de l’ancien sous-sol pour en faire un généreux espace sous forme de patio, rez-de-chaussée reprogrammé pour des usages partagés, … les interventions pour ouvrir le bâtiment vers l’extérieur ont aussi été inspirées par l’intégration de paramètres environnementaux (lumière naturelle, apports solaires, ventilation, biodiversité, gestion de l’eau) comme variables de conception. Avec à la clé une résilience aux changements climatiques. Circularité en prime, grâce au recours maximal à des matériaux biosourcés et à une attention portée à la démontabilité par des assemblages privilégiant les fixations mécaniques et la construction sèche.

« L’appel d’offres pour le concours nous est parvenu en plein COVID. Le Marnix était pour nous l’un des plus beaux bâtiments de Bruxelles. Comment oser y toucher ? Et comment faire pour inciter les gens à revenir au bureau ? »
Tout en respectant les contraintes imposées par la Commission des Monuments et Sites, prônant un alignement sur les matériaux et l’esthétique d’origine, A2M et Moreno architecture & associés sont parvenus à créer l’ambiance d’ouverture et de transparence souhaitée par ING. Dorothée Peeters, architecte d’intérieur : « Le Marnix 3, bâtiment joignant les deux ailes, autrefois sombre et fermé, est devenu la partie la plus dynamique de l’ensemble avec notamment des gradins dans le nouveau vide vertical reliant les étages. De là, on gagne les ailes, où les zones d’open space avec postes de travail flexibles sont ponctuées de salles de réunion et de ‘bubbles’. Coffee corners, sofas, … rendent les lieux encore plus cosy, d’autant qu’ils sont sublimés par la collection d’art privée de la banque. »
Aline Branders : « Après inventaire, certains éléments ont été réutilisés dans d’autres projets et d’autres réemployés sur site, principalement des éléments de mobilier. Toutes les moquettes ont été recyclées. L’idée était de se réaligner sur l’ambiance d’origine, en ramenant de la blancheur, des matériaux nobles comme le noyer, … et en marquant les interventions plus contemporaines par une matérialité un peu plus tranchée, telle que le polymiroir. »
Sebastian Moreno-Vacca : « Avec cette rénovation de niveau quasi Passive House, la consommation énergétique diminue drastiquement, permettant une réduction de plus de 76% des émissions de CO2 ! » Au-delà du passif, on peut parler d’une architecture régénérative qui profite au quartier, grâce à l’application sur le béton de façade d’un revêtement photo-catalytique qui décompose les NOx (oxydes d’azote), contribuant à purifier l’air environnant dans une zone urbaine très polluée. »

Après plus de trois ans de travaux en site occupé, personnel et public peuvent profiter d’espaces lumineux, ouverts, intégrant la nature et l’art, favorisant la collaboration et la flexibilité des modes de travail, avec une ouverture au quartier. La qualité de la rénovation lui a valu les certifications BREEAM Outstanding, WELL Platinum, et bientôt neutralité carbone, attestant d’une approche globale intégrant durabilité, performance et bien-être. Cerise sur le gâteau : un coût au m2 maîtrisé au regard de l’ampleur du projet et des performances atteintes. Sebastian Moreno-Vacca conclut : « Ce projet rappelle qu’il ne faut pas se tromper de combat. C’est la rénovation qui doit primer, encore davantage en Belgique où le bâti est fort ancien. »
