Transformer le cœur d’une ville tout en maintenant son activité au quotidien constitue l’un des exercices les plus exigeants pour une entreprise de travaux publics. À Namur, le vaste projet d’élargissement du piétonnier illustre parfaitement cette réalité. Depuis 2024, plusieurs axes stratégiques du centre-ville font l’objet d’une requalification progressive visant à apaiser la circulation, renforcer la végétalisation et améliorer la qualité des espaces publics. Un chantier visible de tous qui mobilise l’ensemble des compétences du groupe Nonet en voirie, gestion des impétrants, coordination de chantier et aménagement urbain.
Le projet a d’abord consisté à réaliser deux boucles de circulation destinées à canaliser le trafic autour du futur piétonnier. Les équipes de Nonet sont intervenues simultanément sur les boucles ouest et est, tout en préparant les futures zones piétonnes de la rue des Croisiers, de la rue des Carmes et de la rue de Bruxelles. En période de pointe, près de 20 ouvriers étaient à l’œuvre, répartis entre équipes voirie et équipes spécialisées dans les impétrants. « Nous étions prêts à intervenir immédiatement sur les réseaux tout en poursuivant les travaux de voirie. Cela a apporté une réactivité que l’on n’aurait pas obtenue avec plusieurs entreprises distinctes », souligne Gilles Baude, Manager Travaux chez Nonet.
Le chantier a réservé quelques surprises : réseaux non cartographiés, câbles abandonnés, contraintes liées aux raccordements existants ou encore découvertes archéologiques… Mais là n’était pas la difficulté principale. À ces contraintes s’est en effet ajouté un défi permanent : maintenir la circulation des piétons, des commerçants et des services de livraison pendant les travaux. « Le plus grand défi reste la gestion des flux piétons. Les véhicules suivent les itinéraires prévus, mais les piétons traversent parfois les zones de chantier de manière imprévisible. Cela demande une vigilance constante », explique Gilles Baude.
Pour limiter les inévitables nuisances, les travaux ont été découpés en tronçons courts, précédés de réunions d’information associant commerçants, riverains, représentants de l’Université de Namur et autorités communales. Ce comité de suivi a permis d’adapter certaines phases en fonction des besoins du terrain et des nombreux événements organisés dans le centre-ville.

Les voiries existantes ont été terrassées sur environ 30 cm, générant 22 500 tonnes de déblais évacués vers les établissements Hublet, le centre de recyclage du groupe, avant d’être valorisés sur chantier de différentes manières. Les sous-fondations et fondations utilisent des produits issus de leur traitement par criblage/concassage (parfois stabilisés au ciment) et du béton recyclé lavé, issu de chez Sobemo, la nouvelle centrale à béton implantée à Floreffe.
La quasi-totalité des habitations ont bénéficié d’un renouvellement de leurs raccordements, que ce soit en électricité, eau ou gaz en fonction de leur vétusté. 3800 m de fibre optique ont également été déployés. En y ajoutant les câbles basse et moyenne tension et ceux destinés à l’éclairage public, les équipes impétrants de Nonet ont posé, à ce stade, non moins de 18.8 km de réseaux neufs ou renouvelés dans 3,5 km de tranchée commune.
La gestion des eaux pluviales a aussi été optimisée. Face aux limites du système prévu, Nonet a proposé une variante basée sur de larges conduites perforées en PEHD intégrées dans l’empierrement. Associée à des pavés drainants et à des fosses de plantation, cette solution favorise l’infiltration des eaux tout en simplifiant l’entretien.
Près de 18 000 m² de pavés en béton ont été mis en œuvre selon un motif en méandres complexe combinant trois nuances de gris, qui contribue à l’identité visuelle du piétonnier tout en intégrant discrètement les dispositifs de gestion des eaux (jardinières, espaces en pleine terre avec bordures pour plantations, …)
Les nouveaux espaces accordent davantage de place aux piétons, à la végétation et aux modes de déplacement doux, tout en améliorant la résilience de l’espace public face aux enjeux climatiques. Pour les équipes de Nonet, cette transformation constitue une source de motivation particulière. « C’est un chantier exigeant, mais il est aussi très valorisant. Quand on voit les habitants s’approprier les espaces que l’on vient d’aménager, on mesure concrètement l’impact de notre travail sur la ville », conclut Gilles Baude.
