Faire d’un immeuble de bureaux des années 1990 dans lequel travaillaient moins de 1000 employés un site universitaire capable d’accueillir jusqu’à 1500 étudiants et enseignants imposait une refonte en profondeur de ses installations techniques. Pour le bâtiment Plaine 15 de l’ULB, l’installateur Sotrelco a pris en charge le volet HVAC d’une rénovation qui conserve les productions de chaud et de froid existantes, mais renouvelle la distribution hydraulique, les émetteurs, la ventilation et la régulation. Un chantier complexe, mené suivant un calendrier serré sans nuire à la qualité d’exécution, et qui ouvre grand la porte à de futures évolutions.
Construit en 1995 boulevard de la Plaine à Ixelles, Plaine 15 était auparavant un immeuble de bureaux classique. L’ULB l’a acquis pour y transférer notamment les activités de sa Faculté d’Architecture jusqu’alors hébergées sur le site Lombard. Depuis cette rentrée académique, ateliers du cours de Projet d’Architecture et enseignements pratiques y ont pris leurs quartiers.
Ce changement d’affectation impacte considérablement les besoins techniques. L’ULB a toutefois choisi de ne pas remplacer les productions existantes. Les chaudières peuvent encore fonctionner plusieurs années et le groupe de froid est récent. La rénovation se concentre dès lors sur tout ce qui se trouve en aval : distribution, émission, ventilation et régulation. Les nouvelles installations sont en outre dimensionnées de manière à permettre ultérieurement le remplacement des chaudières par un système de pompe à chaleur.

Pour l’exécution du marché, Sotrelco a constitué une société momentanée avec Collignon (groupe Eiffage), chargé du volet électrique. Le lot HVAC représentait un important travail de reconstruction des réseaux existants.
Le plan en H du bâtiment ajoutait une contrainte particulière : la production de chaleur se trouve dans une aile, celle de froid dans l’autre. Sotrelco a repris l’ensemble de la distribution chaud et froid vers les étages, avec de nouvelles conduites verticales dans les trémies et de nouveaux collecteurs. Le réseau hydraulique dessert désormais les plafonds climatiques qui remplacent les anciens ventilo-convecteurs.
Au total, le projet compte 3715 m² de plafonds climatiques rayonnants réversibles. Alimentés en eau à 35/30 °C en chaud et 15/18 °C en froid, ils préparent le bâtiment à des systèmes de production fonctionnant avec de faibles écarts de température. Chaque plafond est associé à une vanne six voies et à un TA Modulator assurant la régulation du débit. Des thermostats permettent ensuite de piloter l’installation par zone.

Aux étages, les techniques restent apparentes. Gaines de ventilation, conduites hydrauliques, vannes, supports, plafonds climatiques, éclairage et cloisons doivent donc partager un même espace, sans faux plafond pour masquer les raccordements.
La coordination 3D a joué ici un rôle central. Une première étude avait été réalisée au stade du cahier des charges, puis Sotrelco a poursuivi les études d’exécution afin d’identifier et de résoudre les conflits rencontrés sur chantier. L’exercice était particulièrement délicat dans les deux locaux techniques desservant les ailes du bâtiment, où les nouvelles installations devaient s’intégrer dans des volumes initialement dimensionnés pour une occupation moindre.
Cette visibilité permanente des techniques impose aussi une attention particulière à leur mise en œuvre. « Sur ce chantier, cela s’est excessivement bien passé avec l’équipe de chantier », souligne Camille Raes, ingénieure chez Deplasse & Associés, bureau d’études en charge du projet. À l’approche de la réception, elle relève également le nombre limité de remarques de pré-réception.

La ventilation constituait l’autre volet majeur de l’intervention. Avec 1500 occupants et un débit théorique de 40 m³/h par personne, une installation dimensionnée sur l’occupation maximale aurait nécessité 60 000 m³/h. « Ce qui ne rentre pas dans un tel bâtiment », résume Camille Raes.
Le système repose donc sur des facteurs de simultanéité et sur des VAV, qui modulent les débits en fonction des besoins des différentes zones. Alors que le projet envisageait initialement de récupérer une partie des gaines existantes, les échanges avec Sotrelco ont conduit à revoir cette option. L’entreprise a proposé de renouveler l’ensemble de la distribution aéraulique afin d’éviter une nouvelle intervention à court ou moyen terme.
Les groupes de ventilation ont eux aussi été remplacés. Ils intègrent désormais des roues de récupération énergétique, alors que la chaleur extraite était auparavant simplement rejetée à l’extérieur.

Sotrelco est également intervenu sur la régulation et le comptage énergétique, avec Johnson Controls comme sous-traitant. Plaine 15 devant fonctionner comme une extension du campus existant, sa nouvelle GTC devait communiquer directement avec le système déjà utilisé par l’ULB. Le service technique de l’Université peut ainsi centraliser les informations et les réglages du nouveau bâtiment.
L’intervention comprend également la détection CO et NOx dans les deux niveaux de parking, afin de répondre aux exigences liées à la nouvelle affectation.
À cette complexité technique s’est ajouté un calendrier particulièrement serré, avec l’essentiel des travaux programmé entre février et l’été 2026. Hydraulique, aéraulique, plafonds climatiques et régulation ont dû progresser parallèlement aux travaux électriques et aux parachèvements. Le commissioning prévu après la mise en service permettra désormais d’affiner les réglages en fonction de l’occupation réelle. Une dernière étape importante pour une rénovation dont les réseaux ont été pensés non seulement pour la rentrée académique 2026, mais aussi en fonction de futures évolutions énergétiques du bâtiment.
